Cet axe part d’une question pratique : qu’est-ce qui fait qu’une électrode fonctionne bien, et pourquoi ? La réponse se trouve rarement dans la composition globale du matériau. Elle se trouve dans la structure électronique de sa surface, dans la position des bords de bande et dans ce qui arrive à cette structure lorsqu’on introduit un dopant ou qu’on dépose un agrégat métallique à sa surface.
Le groupe aborde cette question par des calculs ab initio. Des systèmes comme le TiO₂ codopé au Pt et au C, ou au Pt et au N, présentent des effets synergiques qu’aucun des dopants ne produit séparément. Dans d’autres cas, l’accent porte sur la production d’hydrogène et d’oxygène par dissociation de l’eau, en évaluant quelles combinaisons de dopants augmentent la surface spécifique sans dégrader la capacité redox de l’oxyde.
L’avantage de l’approche numérique est de pouvoir explorer un éventail de compositions bien plus large que l’expérience, et d’arriver au laboratoire avec des hypothèses déjà filtrées. La contrepartie est que le modèle doit être fiable, et une bonne part de l’effort méthodologique du groupe vise justement cela : comprendre à quel point les résultats dépendent du choix de la fonctionnelle, du paramètre de Hubbard U ou de la méthode utilisée pour extraire la bande interdite optique d’un spectre d’absorption.
Objectifs
- Prédire le comportement catalytique d’un matériau avant de le synthétiser, à partir de sa structure électronique.
- Réduire la dépendance aux métaux nobles rares par le dopage, le codopage et des architectures supportées.
- Relier le calcul ab initio à des problèmes énergétiques concrets, comme la dissociation de l’eau pour produire de l’hydrogène.